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16.01.2008

Nouveau numéro des Epées.

Nouveau numéro des Epées.

fe8a1eb7ef530b65cb606701f5995a63.jpgQu’elle se vérifie par l’abstention, par le primat absolu de l’économie ou par un processus européen à marches forcées, la décomposition du Politique constitue sans conteste l’un des faits majeurs de notre temps. Elle ne trouve pas d’équivalent dans le passé de la France, et paraît accentuée par la tendance des “élites” à « sacrifier la patrie à l’humanité », une humanité sans couleur ni relief, déracinée et close sur elle-même. Face à cet avenir morne, il s’agit donc de réapprendre le sens du bien commun, de retrouver le goût capétien de l’unité, de sortir des impasses mortelles de la modernité radicale.

Sorties du fourreau en 2001, Les Épées entendent braver ces maux, et croiser le fer. Les deux années qui viennent de s’écouler (huit numéros), l’accueil chaleureux qu’on lui a fait, les collaborations prestigieuses qu’elle s’est assurée, invitent notre revue à préciser son contenu et ses intentions. Nullement retranchées dans un horizon purement contestataire, Les Épées se présentent avant tout comme une revue royaliste, qui se réclame aussi bien de Maurras et de Daniel Halévy que de Bernanos et de Boutang, des non-conformistes de droite, mais aussi de la tradition thomiste ou du libéralisme politique. Sans rabâchage, avec la volonté d’actualiser le matériel critique, de s’enrichir au contact de tous les lieux où vit l’Esprit, cette revue se propose d’analyser les différentes formes de vie et de mort du Politique, les principaux débats (en politique, en philosophie, en sociologie et dans les Lettres ou en Droit), et d’exalter la culture française qui paraît le mériter. Son objet original est de redéfinir et de faire connaître les raisons et les projets du royalisme français à l’orée du XXIe siècle, au fil des articles, des dossiers, et des compte rendus qui privilégient la confrontation des idées. Pour toutes ces raisons, Les Épées ambitionnent de devenir une référence pour tous les royalistes, mais aussi pour tous ceux qu’intéresse le maintien de la liberté de l’esprit.

Puisqu’elles ne sont l’organe d’aucune organisation, et qu’elles travaillent sur un plan essentiellement intellectuel, Les Épées peuvent, sans rien renier de leurs principes, transcender les appartenances des rédacteurs et de son lectorat. Elles doivent apparaître comme un pôle de réflexion capable d’enrichir les fidélités de tous.

 

09.01.2008

Escapade à Bruxelles


  J’avais décidé de fêter dignement cette nouvelle année qui s’annonçait riche en turpitudes des fanatiques de la bannière bleue cerclée d’étoiles en allant réveillonner e soir de la Saint Sylvestre à Bruxelles pour étudier l’homo europeanum delirens dans son milieu naturel.

   Quelle idée saugrenue a eu cet homme me diriez vous lecteur ! La boisson houblonnée si chère à son cœur lui a-t-elle donc rongé à ce point les neurones pour aller s’enliser aussi près de l’antre de la bête ? Rassurez vous ! Je jouis, malgré quelques tares congénitales de l’entière possession de mes moyens physiques et intellectuels (peut-être plus les uns que les autres, certes, mas cela ne vous regarde guère !).

  Oui sachant mon allergie lorsque vient minuit sonne aux cotillons et aux balourds avinés coiffés d’un ridicule chapeau conique aux couleurs clinquantes et nauséeuses, il était préférable pour moi de fuir la France pour deux jours et de remplacer la soirée orgiaque par un restaurant à l’ambiance feutrée en compagnie d’une douce créature et de remplacer les embrassades lourdaudes mêlées de renvois sauce rouille dont on devine vaguement qu’ils signifient « bonne année » par un acte politique et symbolique fort.

  Bruxelles jouit malheureusement dans nos milieux d’une piètre réputation, peut-être du fait de la présence de certaines institutions dans cette belle ville : force est de constater que celle-ci est charmante. Des ruelles étroites aux restaurants chamarrés ! La grand place à l’architecture flamande raffinée, bref un petit paradis d’art et de culture !

  Ayant passé un réveillon d’une extrême sobriété, au cours duquel la qualité des mets disputait la palme de l’excellence aux vins racés, nous décidâmes ma compagne et moi de pousser jusqu’à ce lieu tant honnis qu’est le parlement européen . Au fur et à mesure de notre approche, suivant  une de ces artères noirs qui menaient au cœur du monstre, les habitations se clairsemaient, frappante ressemblance avec certains arbres maudits qui éteignent toutes vies autour d’eux. Quelques lumières pales  éclairaient ça et là nos pas quand soudain : il était là, nimbé d’un halo de lumière éthérée, tel un vaisseau fantôme aux mille sabords de verre échoué sur les débris de granit et d’acier des nations. C’était donc là que chaque jour entrait des falots pédants croyant mettre en coupe réglée  les états et faire entrer la réalité dans les cadres désuets et rigides pondus par leurs intelligences obtuses et sortaient des directives folles, hématies dégénérées d’un cœur nécrosé et emballé.

  Arrivé au pied de l’organe dégoulinant des liquides de putréfaction emportés par l’ondée, les douze coups de minuit se mirent à sonner : c’est alors que je me pris à fredonner un vieil air rapporté par Léon Daudet dans ses mémoires en mettant ses paroles (adaptées certes ) à exécutions :

Je hais les eurocrates et leurs vices
Quand je les rencontre
Je pisse
Contre

Tous mes vœux messieurs les eurocrates bornés ! Voici le premier acte militant de l’année !

Romain vindex

06.01.2008

l'homme et sa nationalité

L'homme et sa nationalité


Les organes de large unification, les créateurs de grandes nationalités, ce ne sont pas les personnes, leur troupeau immense de petites volontés autonomes. Celles-ci bornent leur champ à l'intérêt particulier de chacune d'elles et à celui, tout limitrophe, de la famille qui est le « prolongement » de soi. C'est tout ce que l'on peut demander au citoyen librement consulté. En histoire, tout le surcroît vient d'une race d'êtres bien différente, il vient de la petite poignée des chefs : fondateurs, directeurs, organisateurs.


Ils ont perfectionné une vie sociale supérieure à la vie individuelle. Ôtez, supprimez ces cadres améliorés par eux, détruisez leurs fondations, essayez de tout ramener à « l'individu ». donnez tout au Nombre, enlevez tout à la Qualité et vous verrez naître des formations nouvelles qui vaudront juste ce que vaut la moyenne personnelle. L'Italie vaut mieux que les personnes composant le peuple italien, de même que la France vaut mieux que nos Français ; mais c'est que ni notre France, ni l'Italie n'ont eu pour principe générateur le suffrage universel et le régime égalitaire. L'une et l'autre reposent sur des générations de maîtres, de héros et d'artistes, de demi-dieux et de saints.
Il est vrai que la nationalité n'est pas un phénomène de race. Il ne s'ensuit pas qu'elle soit le résultat artificiel d'un acte de volonté contractante. Sans doute, et avec une certaine liberté, nous adhérons à notre race, à notre nationalité, à notre nation, mais on adhère comme on consent, de la façon la plus tacite, et l'adhésion est sollicitée, elle est emportée par une multitude de forces bienfaisantes, aimées et chéries contre lesquelles nous ne sommes même pas en garde et que nous subissons de tout cœur 9 999 fois sur 10 000.


Entre la Nature brute, celle qui est entendue au sens strict et direct, et l'artifice, juridique ou autre, issu de la volonté plus ou moins arbitraire de l'homme, il existe un intermédiaire que l'on pourrait appeler une seconde nature : la Société. La vie sociale fait essentiellement partie de la nature de l'homme, lequel ne peut absolument pas exister sans elle. La nationalité est une modalité de cet état naturel. On peut l'appeler un fait social. Il n'est point aussi rigoureusement nécessaire pour l'homme que le besoin de vivre en commun. On ne peut pas échapper à ce besoin, ni à la société qui le satisfait, au lieu qu'on peut changer de nationalité et même profiter de la diversité des nations pour vivre plus ou moins en marge de toute nationalité.


La nationalité dérive donc de la nature humaine définie et qualifiée par la société. Loin de figurer le simple vœu de notre volonté personnelle, elle correspond à une masse énorme de désirs, de passions, de besoins, d'aspirations, de coutumes, de mœurs, de manières d'être, de penser, de parler, qui va souvent jusqu'à modeler le physique et dans laquelle la conscience réfléchie et la volonté délibérée des personnes jouent un rôle qui peut être le premier, mais qui ne l'est pas toujours, ni le plus souvent.


Pour s'en convaincre, il suffit de considérer deux cas : réduite à elle même, la formule juridique de l'idée de nation se détruit, c'est le ubi bene, ibipatria : si la patrie est où l'on est bien, là où l'on est bien est aussi la patrie ! Au contraire, dégagée d'ornements juridiques, l'idée de nationalité, telle que nous venons d'en montrer les composants naturels, sociaux, historiques, tient parfaitement debout ; on peut la décorer et la polir encore, pourtant le principal y est...
La double épreuve juge la valeur des conceptions en présence.


Charles MAURRAS. Mes Idées politiques. L'Age d'Homme 2002. n. 283-284

03.01.2008

bonne année 2008

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