17.05.2012

Lendemain d’élections — Réflexions pour un 8 mai — Les maladies infantiles du populisme

Un texte qui doit susciter des réactions,...

“La France seule” évoquée par Dominique Venner n’étant évidemment pas celle invoquée par Maurras durant les périodes sombres de ...l’Europe nouvelle.

 

 

Politologues, observateurs, chroniqueurs ou éditorialistes, tous se sont accordés pour dire que le vote FN du 22 avril était un bouleversement et que, d’une façon ou d’une autre, il changerait les données électorales à venir. Dominique Venner, lui, tout en faisant un premier constat, celui du ratage de Sarkozy dans sa manœuvre de « siphonnage » de l’électorat FN à son profit – ce que tout le monde reconnaît, Sarkozy en tête –, estime que la grande première de ce premier tour est une sorte de renaissance du FN qui sort de cette aventure « entièrement rajeuni et dynamisé ».

Il regrette néanmoins que le parti de MLP, qui bouscule le bipolarisme issu du gaullisme, soit atteint d’une sorte de « maladie infantile » que l’on retrouverait chez beaucoup des mouvements populistes qui éclosent en Europe.

Polémia


Les deux tours de l’élection présidentielle de mai 2012 m’incitent à des réflexions nullement électoralistes ni politiciennes. Quelque chose d’important est survenu, qui était peu prévisible et que je vais résumer en deux remarques principales.

En dépit d’effets d’annonce peu discrets n’engageant que ceux qui voulaient y croire, le président sortant a raté sa tentative de « siphonner » l’électorat frontiste qui lui avait tant bénéficié en 1997. Oublions le candidat socialiste désigné en raison de son profil terne et rassurant après la mise à l’écart du richissime couple Sinclair-DSK pour cause de scandales publics répétés. Oublions aussi Jean-Luc Mélanchon qui n’a pas dépassé le total habituel des candidats d’extrême gauche, PC inclus. Reste la nouveauté de cette campagne, le Front national, entièrement rajeuni et dynamisé par la personnalité de sa présidente. A la faveur de qualités propres et d’un parcours difficile et tenace, Marine Le Pen a pu se faire entendre par la France qui souffre, représentant un réel espoir. Ses 18% de suffrages au premier tour constituent un succès d’autant plus évident qu’ils s’accompagnent d’un renouvellement important de l’électorat. Avec Marine Le Pen, le Front a changé de physionomie. Il a perdu l’image ringarde et agressive qui était la sienne pour s’afficher « moderne » sur les questions de société (contraception, avortement) et ferme sur la question de l’immigration. Les erreurs de la campagne de 2007 (présence d’une beurette) alors que Sarkozy brandissait un karcher symbolique ont, semble-t-il, été comprises. Le Front national est redevenu le grand rassemblement identitaire des Français souvent très jeunes qui refusent l’immigration. [...]

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16.05.2012

Le quinquennat, c’était pourtant plus "moderne" !...

Ce n’est pas Sarkozy qui a tout changé à la présidence, c’est le quinquennat

LE PLUS. Le mandat de Nicolas Sarkozy aura été le plus court de ceux exercés au cours de la Ve Répubublique. Ce n’est pas lui qui a tout changé au style de la présidence, c’est la brève durée de son mandat, selon "Le Conseiller" spécialiste en communication qui tient à conserver l’anonymat.

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Passé le champagne ou les larmes, je clos huit mois de soliloque sur la campagne pour l’élection présidentielle de 2012. Sorti de ma retraite en septembre dernier pour "rompre l’ennui" comme je l’avais dit à Marianne 2 le 3 novembre, j’ignore encore si je reprendrai du service pour la mandature qui vient ou si je me tiendrai à l’écart. Mais le temps de l’adieu n’est encore pas venu.

Le mandat le plus court

Reste qu’il faut dire quelques mots des premiers gestes du président élu dimanche 6 mai. Et plutôt que de s’en tenir à une analyse limitée au style ou aux mots, j’évoquerais plutôt le temps long institutionnel qui marque la présidence française plus encore que le style personnel de ses éphémères premiers magistrats.

Ce n’est pas Nicolas Sarkozy qui a tout changé, c’est le quinquennat. La victoire de la gauche dimanche dernier n’a pas offert à la foule réunie place de la Bastille la même joie qu’à leurs aînés du 10 mai 1981. On dit que cela tient au contexte économique ambiant, au devoir d’apaisement et de sérénité – de sobriété – qui doit marquer le début de ce quinquennat, comme un contre-pied au démarrage ahurissant du quinquennat précédent… On dit aussi que le peuple de gauche contient sa joie, qu’il n’espère pas trop pour ne pas violemment retomber dès que le programme de François Hollande se sera adapté à la "réalité".

Non, non, la réponse est dans le quinquennat ! À l’exception du mandat de Georges Pompidou, interrompu par sa mort, le mandat de Nicolas Sarkozy aura été le plus court de la Ve République. Du président éternel que consacrait l’élection pour un septennat, on est passé au président jetable, au président-gouvernant que les électeurs renvoient comme un vulgaire chef de gouvernement dans une monarchie parlementaire à l’espagnole ou à la britannique… mais sans chef d’Etat durable.

Confusion inédite

Le fait que le quinquennat de Nicolas Sarkozy soit le seul qui n’ait compté qu’un seul Premier ministre nous signale bien cette confusion inédite entre les pouvoirs de l’un et ceux de l’autre. Or la demande de président qu’expriment les Français, héritage de leur histoire, reste la même.

Elu sur un programme, le président-gouvernant d’un quinquennat ne peut plus entretenir cette distance souveraine avec sa majorité parlementaire qui hier le protégeait, préservait ses prérogatives et ses droits constitutionnels. Le transfert à la BCE de la souveraineté monétaire, le maintien mais sous contrôle de la doctrine nucléaire, le droit de nomination que François Hollande veut limiter, et enfin le quinquennat rognent ce qu’il restait de la présidence gaullienne.

La communication peut-elle quelque chose contre cette précarité nouvelle du chef de l’Etat que la foule du 6 mai (celle du vainqueur et celle du président défait) a bien comprise ? Quelques remarques.

Le premier vrai pouvoir absolu, c’est le pouvoir de nomination du gouvernement que détient souverainement le président. Le "mystère" soigneusement gardé par le candidat Hollande quant au nom de son Premier ministre relève bien d’une tentative de restauration d’une présidence gaullo-mitterrandienne. C’est pour les raisons évoquées plus haut que le nom du Premier ministre ne sera connu qu’au dernier moment.

Par ailleurs, la période transitoire que nous vivons dure utilement une semaine. En 1981, face à la surprise de l’élection d’un président socialiste en France, la France s’était arrêtée. Une pause économique et sociale, comme respectueuse à l’égard du mouvement civique et électoral qui venait de frapper.

La Bourse de Paris s’était interrompue plus d’une semaine, les échanges de titres ne pouvant être garantis face au risque d’une chute vertigineuse des marchés. Les élèves avaient profité d’une journée libérée pour assister devant leur télévision à l’investiture du 21 mai, et il suffit de lire la presse de l’après-10 mai pour bien comprendre que l’élection du 10 mai avait une valeur supérieure à celle d’une simple alternance.

Échapper à la dissolution du président

A l’inverse, la normalité du cycle institutionnel frappe après le 6 mai. Et contrairement à sa promesse de "présidence normale", François Hollande doit lutter contre la banalité de sa succession à Nicolas Sarkozy pour profiter d’une grâce un peu plus longue que prévu.

Échapper à la dissolution du président que génère le quinquennat restera une obsession du président Hollande. L’agenda va l’y aider, dominé par des échéances européennes et internationales de mai à juillet.

Il pourra alors installer son nom et son rôle dans ce qu’on appelait encore avant Nicolas Sarkozy le "domaine réservé" du chef de l’Etat. En somme, c’est dans la critique de la Ve République que faisait François Mitterrand en 1964 (le coup d’Etat permanent) que Hollande puisera son contre-exemple : c’est cela qu’il faut partiellement rétablir pour ne pas être renversé en 2017 comme les majorités se font systématiquement renverser depuis 1981 (à l’exception de 2007).

Le risque s’il n’y parvient pas ? Que la France change de président de la République tous les cinq ans alors que notre histoire a installé dans l’imaginaire français des chefs d’Etat qui traversent les générations en prolongeant leur règne. Je fais le pari qu’un débat sur le rallongement du mandat présidentiel émergera dans les prochaines années. Six ans ou sept ans, du moment que la mandature présidentielle ne se confond plus avec les législatures parlementaires.

Le blog du conseiller

15.05.2012

[Texte de Maurras] Rudesse des murailles et laideur des visages

En février 1897, Charles Maurras passe huit jours à Florence. Ses impressions seront consignées dans trois articles publiés par la Gazette de France les 15 mars, 22 mars et 10 mai ; à leur tour, ces articles dont le titre d’origine est « À Florence, premières vues » donneront naissance aux « livres » IV et V d’Anthinéa, recueil qui paraît en 1901. La partie consacrée à Florence s’y trouve en troisième position, après Athènes et la Corse, avant la Provence.

 

Nous publions aujourd’hui le livre V, qui contient en fait l’ensemble des réflexions de Maurras sur Florence et son histoire, puis sur les considérations sociologiques et géopolitiques que cette ville unique entre toutes a pu lui inspirer — le livre IV n’étant consacré qu’à un seul musée, qui aurait fort bien pu se trouver ailleurs. Toute la Florence de Maurras est donc dans ce Génie toscan.

Il s’agit de tout sauf d’un guide touristique ! Les commentaires de Maurras peuvent sembler sévères en première lecture. Mais toute personne qui a visité Florence autrement qu’en consommateur passif de produits culturels prémâchés s’y retrouvera étonnamment.

La suite sur Maurras.net

14.05.2012

Les variétés connaissent leurs classiques

Voici le titre de l’excellent article tiré du dernier numéro (mai 2012) de Politique magazine, et qui met en exergue les copies, emprunts, allusions, arrangements, et autre remixages des thèmes issues du répertoire classique dans les variétés et les musiques dites actuelles. Tout en vous renvoyant à l’article et donc au magazine, voici quelques extraits en musique, internet oblige.

 

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13.05.2012

Prince Jean : La collection des Etudes du Cercle Vauban

La collection des Etudes du Cercle Vauban va s’enrichir de plusieurs titres : après la première publication (Les PME), la deuxième portera sur Les Institutions..... Le Prince Jean a réuni autour de lui un ensemble d’experts qui, dans divers domaines, réfléchissent aux questions relevant de leur compétence.

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Éducation, Justice, Famille, Laïcité, Politique étrangère, Défense, Institutions... la réflexion est entamée sur tous les sujets majeurs qui concernent directement la France et les Français, dans leurs préoccupations actuelles et immédiates. Le but est de faire paraître, régulièrement, une brochure condensant en une cinquantaine de pages - donc aisément lisible - l’essentiel de la pensée du Prince sur chacun de ces domaines.

C’est, à terme, une véritable petite bibliothèque de référence que va constituer le Prince....

La première de ces brochures est consacrée aux PME ; la deuxième, qui paraîtra très bientôt, traitera des Institutions.....

Abordable par sa forme (un contenu volontairement court, pour ne traiter que de l’essentiel) cette Série qui s’annonce l’est aussi par son prix : 5 Euros l’unité, le rendant accessible à tous... [...]

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12.05.2012

Vichy et la Shoah. Enquête sur le paradoxe français

C’est le titre d’un ouvrage écrit par Alain Michel, rabbin qui vit en Israël et qui a été le responsable du bureau francophone de l’Ecole internationale pour l’enseignement de la Shoah à Yad Vashem. L’ouvrage est préfacé par Richard Prasquier, président du CRIF.

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L’historien réexamine l’idée selon laquelle « un quart des Juifs de France auraient été exterminés en raison de Vichy et les trois quarts sauvés grâce à des citoyens anonymes », idée diffusée par l’avocat Serge Klarsfeld et l’historien américain Robert Paxton.

Si la France de Vichy fut l’un des pays les plus collaborateurs, pourquoi le bilan de la Shoah y est l’un des plus bas d’Europe en ce qui concerne le nombre des victimes ? Contre la doxa officielle, l’auteur montre que Vichy mena une politique consistant à protéger les Juifs français au détriment des Juifs étrangers. Moins de 10% des juifs français ont été victimes de la Shoah. Les différents éléments apportés dans le livre, statistiques inédites, nouvelles analyses, archives nouvelles et comparaisons européennes, montrent que cette politique a été déterminante dans la protection partielle des Juifs en France contre la volonté exterminatrice des nazis. [...]

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11.05.2012

Les raisons du combat culturel

Nous n’aimons guère notre époque, ou, plus exactement, notre époque ne nous aime guère. Depuis des décennies, la société mondialiste qui nous est vendue comme promesse de paradis terminal, de fin de l’Histoire béate, ne fait plus illusion auprès des observateurs un tant soit peu critiques, des hommes de bon sens qu’on rejette dans le camp de l’ennemi en les appelant « réactionnaires ». Le vaste supermarché global, pacifié et unifié, recèle d’insondables horreurs derrière les sourires figés des hordes d’homo oeconomicus qui arpentent les allées. La société mondialiste n’a pas besoin d’hommes, elle n’a besoin que de consommateurs, d’humains réduits à leurs plus basses fonctions d’absorption, d’assouvissement des pulsions et des désirs mimétiques. En cela, cet Empire du Bien dont parlait le regretté Philippe Muray est un totalitarisme. Totalitarisme doux ou mou, certes, mais totalitarisme tout de même, dans ses procédés comme dans ses objectifs. L’Empire veut donc produire à la chaîne des consommateurs, des hommes dociles, souples à l’injonction. Pour ce faire, les déraciner est indispensable, charnellement et spirituellement. Au coeur de cette entreprise nihiliste, la culture est la cible prioritaire. Il faut faire en sorte que les personnes ignorent de plus en plus qui elles sont : on effacera donc d’abord leur histoire, on les privera de chronologie ; on dissoudra leurs traditions, rejetées dans les Ages Sombres d’avant le Village global ; on leur coupera l’accès aux oeuvres artistiques et techniques, fruits du génie des leurs ancêtres ; on détruira toute échelle de valeur et de comparaison, sapant l’esthétique et le goût. On les rendra étrangers à leur propre langue, inaptes à l’expression de la pensée et de l’émotion, donc inaptes à être des hommes, ces singuliers animaux faits à l’image du Créateur. On en fera des zombies dénués de toute arme et de toute stratégie pour s’opposer à l’ablation de leur âme et à leur disparition à terme.

 

Ce combat contre la culture et les cultures (entendues comme les manifestations différenciées des génies des ethnies, des peuples et des races) exige une riposte adaptée, un combat culturel. Que peut bien recouvrir cette notion ? Ce combat vise à défendre l’intégrité de la personne humaine, unique aux yeux de Dieu et enracinée dans l’Histoire. Cette intégrité fait tenir ensemble toutes les capacités de l’homme, intellectives comme émotives, techniques comme artistiques, et les ordonne en vue d’une fin qui les dépasse, qui nous dépasse tous. Pas de vraie culture sans métaphysique, d’une part, et pas plus sans Histoire d’autre part. Ceci implique de reconnaître l’inscription de l’homme et de sa culture dans un contexte religieux et métaphysique et de le défendre comme tel. Point n’est besoin d’être soi-même croyant. : pour preuve, l’agnostique Charles Maurras fut bien l’un des plus ardents défenseurs du rôle de l’Eglise et des créations de la foi. Défendre la culture, c’est défendre un au-delà de l’homme, alors que l’Ennemi veut nous réduire à un en-deçà de l’homme. Défendre une culture, c’est aussi défendre l’histoire de cette culture et des générations qui l’ont portée, c’est s’inscrire dans une lignée, une continuité, se reconnaître dans une suite d’innombrables prédécesseurs, et assumer pleinement et entièrement ce qui est à la fois une dette, un héritage et un honneur. Linéarité du temps historique, ponctuée par la cyclicité des rythmes naturels : l’histoire de la Culture, c’est la Tradition, l’histoire des cultures, ce sont les traditions.

 

D’abord, assumer et défendre la dimension métaphysique et religieuse de l’homme, assumer et défendre la tradition et les traditions. Mais comment ? Le combat culturel est en fait un combat pour l’intelligence, à l’aide de l’intelligence : par la mémoire, nous accumulons les références historiques, littéraires, poétiques, musicales, architecturales, folkloriques, politiques, et notre intelligence ordonne ces références et nous en fait comprendre les structures. L’intelligence, c’est le don de Dieu pour que l’homme se comprenne. La culture est la mise en forme individuelle et collective de l’intelligence, par l’expérience des aïeux. La culture est l’enclume sur laquelle notre intelligence va se forger, puis se développer, s’aiguiser, s’exercer, se tremper. Sans culture, l’intelligence est matière sans forme, inerte donc inutile. L’homme dont l’intelligence ne sert pas est mûr pour l’esclavage. La culture est donc la condition de la liberté, puisque c’est grâce à elle que notre intelligence personnelle peut devenir épée et bouclier de notre corps et de notre âme.

 

Il faut revenir à l’étymologie du mot « culture » pour en bien saisir toutes les implications. Le verbe latin colere signifie cultiver une terre, un champ, et par extension « prendre soin de quelque chose ». L’agriculture est le soin apporté à la terre pour qu’elle produise ses meilleurs fruits. Le passage de l’agriculture à la culture, de la matérialité du sol à l’abstraction de l’esprit, passage qui s’opère chez les auteurs romains, en particulier chez Cicéron, conserve cette idée de soin, de travail permanent en vue de la production, de la mise au monde des meilleurs fruits de l’âme. Cette dernière est notre champ, et constamment nous devons être à l’ouvrage, il en va de notre salut physique et moral : sarcler, labourer, semer, faucher, glaner, surveiller, protéger des nuisibles. Le combat culturel est d’abord un effort, une violence faite à soi-même pour se montrer digne de la culture que nous héritons. C’est, pour chacun d’entre nous, un travail immense, harassant, impliquant la concentration, la méditation, la mémoire, la logique, toutes les capacités intellectives qui doivent emmagasiner sans cesse les informations triées et ordonnées par le goût et l’expérience, mais aussi la sensibilité artistique, la capacité d’étonnement et d’émerveillement.

 

Le combat culturel implique de savoir où trouver, dans l’immense répertoire de la culture que l’honnête homme ne maîtrisera jamais qu’à peine, les preuves, les exemples, les arguments, sous quelque forme que ce soit, qui permettent de s’opposer au mensonge et de tendre, toujours tendre vers la Vérité. La culture donne tout à la fois fierté et humilité, confiance nécessaire en soi et en son héritage, doute et remise en question tout aussi nécessaires. C’est donc en se cultivant que l’on peut défendre légitimement son legs et son identité, et c’est par cette défense intelligente, passionnée et solide que l’on peut convaincre les indécis, voire nos adversaires.

 

Pour quiconque veut participer, à son niveau, au combat politique pour la sauvegarde de nos patries et de notre civilisation européenne chrétienne, il doit être évident que le combat culturel est l’une des armes principales. C’est lui qui permet, s’il est intelligemment mené, par son effet sur un nombre croissant de personnes, de renverser les modes idéologiques qui conditionnent les comportements sociaux. L’hégémonie gauchiste et progressiste sur le monde des lettres, des arts, de l’université et des media depuis cinquante ans, avec ses aspects les plus mortifères, les plus nihilistes, a pu se mettre en place par une stratégie habile et dénuée de scrupules d’épuration et de disqualification de l’adversaire et de sidération idéologique. Toute contestation, que ce fût du pédagogisme à la Mérieu, de la sociologie de Bourdieu, de l’art contemporain, était immanquablement rejetée dans le camp du Mal, de la Réaction, voire du Fascisme éternel. Mais cette sidération n’a qu’un temps, même si ses ravages vont continuer à s’exercer: l’apparition d’Internet, en particulier, est la chance de tous les militants de la ré-information et du combat culturel, en ce qu’elle permet la constitution de groupes de pression, en ce qu’elle diversifie les sources d’information et permet ainsi au simple citoyen, s’il s’en donne la peine, de vérifier et recouper le contenu souvent douteux véhiculé par les media de masse. Le but qu’il faut fixer au combat culturel est d’obtenir la majorité idéologique, quand bien même l’on ne serait que politiquement minoritaire (ce qui est, de fait, le cas). Nul n’est besoin de se faire sectateur de Gramsci pour comprendre que cette majorité idéologique est la condition nécessaire (mais pas toujours suffisante) d’une majorité politique et donc de l’inflexion de la vie de nos cités et de nos pays dans le sens qui nous semble ordonné sur et vers le Bien, le Beau et le Vrai. Elle ne peut s’obtenir que par l’effort constant de personnalité d’horizon divers mais unis par une culture commune, le sachant et voulant la défendre, sans se renier, sans déposer les armes.

 

Très concrètement, en quoi consiste la formation d’un combattant culturel (qui n’est au fond que l’activité quotidienne de l’honnête homme et du patriote) ? Elle tient en deux mots : travail et dialogue. Expliquons-nous : le travail, c’est le labour du champ de l’âme et de l’esprit. C’est prioritairement la lecture. L’honnête homme lit, avec un oeil critique, une sensibilité ouverte, une mémoire qui fonctionne à plein régime, dans les transports en commun ou sur un canapé, mais il doit impérativement lire. Lire les classiques de la littérature, les livres d’histoire, de philosophie, les essais politiques ; se constituer sa propre bibliothèque, ses références sues par coeur, découvrir les auteurs de la contre-culture chrétienne et/ou patriote et de proche en proche, se constituer une galaxie, une constellation culturelle d’écrivains qui fourniront sans cesse les munition de la lutte permanente : Barrès, Péguy, Bloy, Maurras, Claudel, Bernanos deviendront des familiers, puis, dans un processus d’élargissement éclectique mais sélectif et critique, on s’attaquera à la science-fiction théologique de Maurice G. Dantec, à la critique du libéralisme de Jean-Claude Michéa, à la pertinente défense de l’esprit européen de Jean-François Mattéi, aux fines analyses philosophiques du temps présent de Pierre Manent ou Chantal Delsol. On ira, toujours attentif et ouvert à la découverte, avec suffisamment de formation intellectuelle de base (qui s’acquiert par la fréquentation assidue des classiques…et des manuels d’histoire littéraire et d’histoire des idées !) pour trier le bon grain de l’ivraie, en sachant que, souvent, l’on adhère aux analyses des auteurs sans pour autant valider leurs solutions et prescriptions (ainsi de l’anarchiste ancienne école Michéa). On ira se confronter aux textes des adversaires pour maîtriser leurs armes mieux qu’ils ne maîtrisent les nôtres : il faudra lire Michel Foucault, Jacques Attali ou Michel Onfray. On cartographiera les auteurs, les écoles et courants de pensées, leur histoire mouvante. Mais l’important est de lire, de relire, de mémoriser et de prolonger la lecture par d’autres lectures. Après, pour ouvrir toutes les voies d’acquisition de la culture générale, il faut maîtriser les disciplines d’un trivium et d’un quadriviu m pour le temps présent, adapter ces divisions de l’enseignement des arts libéraux instituée par le philosophe Boèce aux exigences d’un homme de culture dans le monde des années 2010 : connaissance intime de la langue française, de sa grammaire, de l’orthographe, des conjugaisons et de la richesse immense de son lexique ; connaissance du patrimoine artistique (peinture, musique, sculpture, architecture…) ; connaissance du patrimoine religieux et pratique du culte ; connaissance des traditions populaires, du folklore et à nouveau pratique; connaissance des enjeux géopolitiques et attention régulière aux nouvelles du monde. Sur ces bases-ci, une culture générale opérationnel, en ordre de bataille, peut être édifiée. Dans un second temps, ce que nous appelons le dialogue est en fait une version mi-socratique mi-militante : il s’agit, en ne perdant aucune occasion, d’ouvrir le dialogue non pas avec les convaincus, ce qui n’est que rassurant, mais avec tous ceux qu’il reste à convaincre, à orienter vers une certaine idée du Beau, du Bien et du Vrai, vers le bonheur inépuisable de la culture française, européenne et chrétienne et vers l’urgence de la lutte pour sa sauvegarde et à terme pour notre survie en tant que peuple de culture, singulier, unique. En donnant l’exemple d’une culture maîtrisée dans ses aspects les plus variés, et pratiquée, le combattant culturel va susciter la curiosité, l’interrogation, parfois la réprobation, les critiques, mais c’est grâce à cette démarche qui cumule la conviction, l’invitation à la réflexion, l’anticonformisme, et le plaisir du savoir, que l’on peut ouvrir les esprits à notre combat. Le réfractaire au monde moderne tel qu’il nous est vendu se doit d’être cet aiguillon toujours alerte qui montre du doigt les impasses et les contradictions de ce qui, dans la pensée correcte du totalitarisme mou ambiant, est censé al ler de soi .

 

Pour conclure, il faut garder présent à l’esprit que toute culture est par définition vivante, elle vit avec nous qui la portons. Elle risque de fait de mourir si nous n’avons plus les épaules assez solides pour la porter haut. C’est notre devoir de citoyen, de chrétien, d’homme, c’est notre honneur que de batailler pour la culture et par elle.

Merci au Frère Thierry pour se superbe texte remettant bien des choses à leur place !

Action Française Etudiante.

10.05.2012

[Texte de Maurras] La Corse de 1897

Avec leurs jupes et leurs corsages tout noirs, le vaste châle en pointe, fait de la même étoffe, qui pend des épaules aux talons, avec la rude et sombre cape qui enveloppe la tête et ne laisse paraître, comme dans le costume des plus austères communautés religieuses, qu’une très étroite lamelle du profil, elles inspirent une grande mélancolie. (…) Telles quelles, je ne nie point leur majesté, ni leur beauté, mais elles font rêver de tragédie plus que d’idylle…

Ce ne sont pas des femmes musulmanes voilées, telles que nous en croisons aujourd’hui, que Maurras décrit ainsi, mais les dames Corses qu’il rencontre en 1897 dans leur île et, pour commencer, sur le voilier qui l’amène de Marseille à Bastia. Dans ses notes de voyage, qui paraîtront en trois fois dans la Gazette de France avant d’être reprises en 1901 pour constituer le troisième « livre » d’Anthinéa sous le titre Figures de Corse, il nous livre bien d’autres traits de ce qu’était l’île de Beauté à cette époque : le clientélisme, le Conseil général, le mythe de Bonaparte…

Le lecteur contemporain y retrouvera en filigrane toute la Corse actuelle des faits divers et des préjugés communs, entendus comme surgeons vivaces ou réactions désordonnées de l’ordre ancien face au rouleau compresseur, niveleur et destructeur que sont la vie et les institutions modernes. Un siècle, 115 ans au moment où nous écrivons, de gâchis, d’incompréhensions et de marchés de dupes s’en trouvent ainsi largement éclairés.

La suite sur Maurras.net

09.05.2012

Pauvre France

Pauvre France,
Toi qui renie tes traditions,
Qu’elles soient catholiques
Ou qu’elles soient royalistes.
Qu’elles soient nationalistes
Ou qu’elles soient monarchistes.
Toi qui renie tes traditions
Qu’elles soient régionales
Ou qu’elles soient rurales.

Pauvre France,
Toi qui pour mieux les renier
T’oblige à les vomir,
Toi qui préfères te cacher la réalité
Plutôt que de voir la vérité.
Toi qui préfères avoir des abrutis
Pour mieux les diriger,
Qu’avoir des intellectuels
Pour mieux te faire grandir.
Toi qui ramène l’histoire de France à cette révolution
Alors que tu es né grâce à l’empereur Charlemagne
Toi qui fait remonter tes ancêtres à ces Gaulois
Alors que tu viens des Germains par les Francs
Toi qui te fait naître entière
Alors que tu t’es construite à partir de rien.

Pauvre France,
Toi qui te nommes démocratie
Alors que tu n’en fais que des dénis,
Toi qui es devenus république
Par éviction de nos Princes héritiers,
Toi qui te dis venus dans la paix
Alors que tu es monté grâce à des marches
Ensanglantés par le sang de tes enfants.
Je t’adjure de revenir à la raison.
Reviens à tes origines,
Fais remonter le Roi,
Renais de tes cendres,
Et retrouve ta splendeur d’antan
Pour mieux guider ceux qui te suivent.
Que vive le Roi,
Que prospère la France
Et que de nouveau rayonne
Ta grandeur

08.05.2012

Julien Rochedy : « On a désappris au jeune Français d’aujourd’hui ce qu’il était »

Nouvelles de France avait rencontré Julien Rochedy, responsable des Jeunes avec Marine, à quelques jours du premier tour des élections présidentielles.

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Julien Rochedy, qu’entendez-vous par « patrie » ?

La patrie est quelque chose d’éminemment charnel : c’est la terre, c’est le sang, c’est la culture. Ce sont les morts, les gens présents aujourd’hui et nos enfants qui ne sont même pas encore nés. C’est un ensemble d’hommes qui partagent de manière transcendantale les mêmes gênes civilisationnels.

Vous avez écrit un essai intitulé Le Marteau, où vous vous attaquez à ce que vous appelez la décadence moderne.

La décadence moderne s’exprime partout. Ses conséquences effectives : la politique actuelle, l’idiosyncrasie des gens, le règne du médiocre. Ce que je fais dans Le Marteau, c’est une analyse nietzschéenne des valeurs modernes. Je reprends la grille de lecture nietzschéenne (morale des forts et morale des esclaves, du ressentiment), et j’analyse les valeurs qu’on prône depuis plus de trente ans, les valeurs de la vulgate moderne dans laquelle nous baignons. On constate que nous sommes plus que jamais dans les valeurs de décadence et de haine de la vie, de volonté de médiocrité et d’égalitarisme.

Vous vous appuyez sur Nietzsche. Quelles sont les références intellectuelles et les modèles qui vous ont en quelque sorte formé ?

C’est vrai que Nietzsche a été un père pour moi. Hegel aussi, dans sa vision de l’histoire. Non que je croie à la fin de l’histoire : en revanche je le suis dans sa description du fonctionnement par dialectique de l’histoire. En plus récent, il y a Michéa, que j’ai pas mal apprécié, dans L’Empire du moindre mal, notamment.

Quels auteurs contemporains avez-vous lus ?

Finkielkraut. Soral un peu, également. Zemmour, bien entendu. J’ai beaucoup apprécié le dernier Prix Goncourt : L’Art français de la guerre, d’Alexis Jenni.

Les figures historiques qui vous ont marqué ?

Napoléon, bien sûr, dont Barrès disait qu’il était un professeur d’énergie. J’ai lu Napoléon à 14 ans : c’est ce qui m’a déterminé à aimer mon pays, à le glorifier, à vouloir me battre pour lui. D’une manière générale, le combat pour une cause plus grande que soi, la patrie, le drapeau, l’honneur et le fait de se dépasser soi-même : l’aventure, la force, le courage. Surtout, n’avoir peur de rien ; c’est le plus important. Être prêt à se sacrifier : voilà ce que j’aime dans certains personnages historiques. Je pense que l’homme – et c’est l’enseignement des Grecs – est plus grand quand il s’oublie soi-même. Le grand malheur actuel, c’est que, à vouloir glorifier l’individu, on ne regarde plus que son nombril. Quand on oublie son nombril, paradoxalement, c’est là qu’il devient beau (Rires). Quand un homme sert une cause plus grande que sa petite personne – la Cité, des valeurs transcendantale, pourquoi pas, comme la foi – alors seulement il se sublime et devient une vraie personnalité. À force de pratiquer l’individualisme comme aujourd’hui, on en vient à ne plus ressembler à rien et à se diluer absolument. Napoléon a donc été une figure tutélaire pour moi. Mais de manière générale, tous ceux qui ont fait de grandes choses pour la France, y compris des gens dont je ne partage pas les opinions politiques, sont des figures exemplaires pour moi.

Qu’est-ce qui vous différencie d’un autre jeune engagé en politique, Benjamin Lancar ?

Absolument tout. Benjamin Lancar, pour moi, n’a aucun fond. Il est moderne, à tous les points de vue. Il est lâche, il fait des salamalecs à tout le monde, il louvoie avec les hommes politiques et les puissants.

« La grandeur passée peut renaître. Il faut la tenter, la souhaiter… »

On constate une sorte de vague de nostalgie, chez des jeunes de votre génération, y compris à l’UMP, d’une époque qu’ils n’ont absolument pas connue et qu’ils semblent vouloir retrouver. Comment l’expliquez-vous ?

La différence entre moi et des jeunes de l’UMP qui pourraient ressentir cela, c’est qu’eux ne croient pas que cela soit réalisable. Or impossible n’est pas français, comme disait Napoléon. À ce propos, il est incroyable de constater le nombre de jeunes gars de droite, UMP ou autres, qui ont le buste de Napoléon chez eux, qui sont fous de l’épopée impériale, mais chez lesquels cela ne relève en réalité que d’une forme de catharsis : la grandeur est dans le passé, ils rêvent d’elle en allant se coucher mais ne croient pas possible qu’elle soit réalisable ni demain ni aujourd’hui. Ils vont donc voter de façon médiocre en rêvassant d’une grandeur passée. Moi je crois qu’elle peut encore renaître, et qu’il faut la tenter, la souhaiter. Même si on ne l’atteint pas, on créera quelque chose de beau et de fort autour de soi.

Ça, c’est le constat d’une nostalgie partagée. Mais les raisons de cette nostalgie ? Après tout, vous êtes né en 1988.

Tout simplement parce que les gens se rendent bien compte de la nullité, de la vacuité totale de la société dans laquelle ils vivent. Les jeunes en particulier. Le problème des êtres humains, c’est que pour qu’ils commencent à réfléchir sur des questions existentielles, il faut, hélas, qu’il y ait un déficit matériel. Si les jeunes réfléchissent davantage sur ces questions-là, s’interrogent sur le vide qu’il y a en eux, c’est parce qu’il y a de plus en plus un vide dans leur assiette. C’est ainsi qu’ils vont être prêts à remettre en question le système de notre société et le corpus de valeurs qui la fonde. Ils ressentent cette nostalgie parce qu’ils se rendent bien compte que le monde dans lequel ils sont ne leur apporte rien, tant au niveau matériel que dans ce qui peut enrichir leur âme. On a désappris au jeune Français d’aujourd’hui ce qu’il était. Il ne sait pas d’où il vient, il est déraciné, il n’a aucune ossature morale pour tenir. Et il voit des jeunes – très souvent d’origine immigrée – qui, eux, sont à la recherche de racines, de valeurs, à travers l’islam par exemple, et face à cela, ils se sentent perdus et incapables de tenir le coup. Et ils constatent que d’autres jeunes – même si, la plupart du temps, c’est de façon complètement débile ou violente, se réclament d’une identité forte et d’une virilité qu’ils ne connaissent absolument pas.

Paul-Marie Coûteaux s’interrogeait récemment en ces termes : est-ce qu’il y a encore une France et est-ce qu’il y a, surtout, encore un peuple de France ?

Il pose souvent cette question. Est-ce que l’essence française est morte ? C’est une question intéressante, et pour le coup assez angoissante. Il n’y a à mon avis plus de peuple français au sens où on a pu le connaître et le définir ne serait-ce que depuis deux siècles. Ce peuple uni, partageant certaines valeurs, et qui se ressent comme peuple. Je me rends compte que les Français, y compris des Français qui sont au FN, attendent qu’on leur parle individuellement. Si on les appelle : « Peuple de France », cela va leur plaire, sur le moment ils vont crier, s’enthousiasmer. Mais ça ne rebondit sur rien. L’individualisation a terriblement bien fonctionné. Néanmoins les circonstances vont pouvoir aussi provoquer une forme de communautarisation. Donc, à mon sens, les Français reviendront toujours à cette notion puissante de sentiment français. Beaucoup de gens, comme les Identitaires par exemple, pensent que la France est finie et que l’identité des jeunes Français se fera à travers une société de village, européenne et éventuellement chrétienne. Mais moi je crois que ce qui constitue le fonds inconscient de l’identité des Français, c’est d’abord la France. Le seul niveau de conscience identitaire que les Français pourront avoir, c’est la France ; même si ce mot recouvre pour certains des éléments différents : par exemple le sentiment d’être un peuple européen. Même si eux-mêmes ne le savent pas, inconsciemment c’est ça, y compris chez nos ennemis politiques. Martine Aubry disait, il y a deux semaines, sur France Inter : « Dans cette cité, il y a des gens d’origine immigrée et des Français » : normalement, dans un discours de gauche, on ne devrait pas dire cela. Inconsciemment, donc, le Français reste un Européen catholique. Je crois que ça, ça restera toujours, qu’on ne pourra jamais l’effacer des consciences et de l’inconscient. Et même si beaucoup de Français vivent aujourd’hui dans un ethno-masochisme hallucinant. Trop de gens ont encore la haine d’eux-mêmes. On les a éduqués ainsi, et cela participe des valeurs de décadence dont je vous parlais précédemment. L’ouverture totale à l’autre, ce désir de disparaître et de se diluer totalement viennent de cette absence d’élan vital de notre époque. On s’en est pris tellement dans la figure, aussi… Le XXe siècle est celui du cercueil de la France et de la civilisation européenne. Entre 14-18, 39-45, la décolonisation… On a perdu en tout, et ça, d’un point de vue moral et même physique, ça a pesé terriblement sur les consciences. La conséquence, c’est la volonté de disparaître et le combat contre tout ce qui s’approche de nos traditions et de nos racines. Le combat de notre époque, c’est ce choc des déracinés contre celui des mondialistes. Il prendra nécessairement la forme d’une bataille, à tous les niveaux, y compris et surtout culturel. Je crois vraiment que l’histoire va recommencer. On va retrouver des combats idéologiques.

Que pensez-vous du mouvement actuel de certains catholiques concernant les principes non négociables ?

Je comprends ce mouvement, mais je trouve ça dommage. Nous sommes en guerre. Il faut agir stratégiquement. S’ils restent dans cet état d’esprit de forteresse et ne rentrent pas dans la bataille, une fois la plaine prise, la forteresse tombera. J’ai peur que dans ce système de principes non négociables, où ils restent chez eux pour être purs et durs, ils vont finir par se faire avoir. Ils ont tout perdu en 30 ans, ils se réduisent comme peau de chagrin. Il faut se battre pour obtenir certaines choses, gratter des victoires petit à petit. La vie, c’est la guerre, et il me semble que cette stratégie-là, ils l’ont oubliée. À rester seuls et isolés, ils risquent le suicide ou la mort. Je le dis à mes amis catholiques : ne restez pas sur la défensive, attaquez !

Un dernier mot sur les autres candidats à la présidentielle ?

Mélenchon : peinture neuve sur vieux mur du PCF. Eva Joly : si j’étais pour l’immigration choisie, je dirais oui aux Norvégiennes, mais non à Eva Joly. Nathalie Arthaud : elle suinte la haine. Je me demande vraiment d’où elle sort. Il y a encore des écoles trotskistes pour produire des Nathalie Arthaud. Poutou ? Un brave gars qui n’a pas tout compris. Il a dû tirer sur trop de joints. Bayrou : le ravi de la crèche. Dupont-Aignan : hélas pour lui, soit on a du charisme soit on n’en a pas. Il n’a pas le visage nécessaire, il n’a pas la voix nécessaire. Il faut qu’il arrête de sauter la première place. Ce serait un très bon second couteau. Cheminade : illuminé complet, inquiétant et bizarre. Sarkozy ? Un vendeur de cravates. Excellent commercial. Hollande : un mollusque sournois. Politicard bobo socialo, mais pas plus socialiste que je ne suis communiste…

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