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25.02.2007

vendredi soir dans la rue!

Sur vos murs!

17.02.2007

Annonce

Session de formation

Session d’étude AFE Nord-Ouest

Les 3 et 4 mars 2007 à Reims

Thème : « La monarchie : une ambition pour la France »

Avec la présence de Pierre Carvin, délégué AFE à l’action étudiante et Pierre Lafarge, responsable de la formation au CRAF.

Organisation : AFE Rouen – AFE Reims – AFE Lille

Contact : 01 40 13 14 10 ou p_lafarge@yahoo.fr

CRAF – 10, rue Croix-des-Petits-Champs – 75001 Paris

Vive les Camelots du Roi!


podcast

Souvenirs de Léon Daudet

La purge de Mark Sangnier

« Pour rien au monde Mark Sangnier n'aurait voulu manquer son discours substantiel sur les méthodes d'assassinat. Ce brave Mark avait tout préparé, tout prévu, tout... sauf ce qui lui est arrivé: « Mark sortait de l'élégant minaret du boulevard Raspail, siège de sa "Démocratie", accompagné de quatre fidèles (deux militaires et deux civils), et s'apprêtait à monter dans un taxi, quand quelques poignes vigoureuses saisirent ses acolytes. Mark, bravement, en profite pour ouvrir l'autre portière de la voiture et se réfugie sur le terre-plein du boulevard. « A peine a-t-il le temps de s'ébrouer, qu'un doux croc-en-jambe le couche délicatement et un traitement nouveau lui est appliqué : un adroit Figaro lui barbouille la tête d'un liquide noir analogue au coaltar, cependant qu'une voix se fait plus tendre: "Allons, Mark, prends ta potion" et le malade récalcitrant ingurgite une bonne dose d'huile de ricin1. « L'agent de faction devant le journal de Mark se démène, revolver au poing, et finalement tire un coup de feu, Sangnier hébété, la bouche pâteuse la figure barbouillée, donne l'impression d'un boxeur nègre titubant dans les cordes. Il pense à son discours manqué, mais l'effet de l'huile de ricin commence à se faire sentir et l'Ami des Boches s'empresse de réintégrer son domicile en balbutiant : "C'est ignoble ! C'est ignoble !" « Il voulait sans doute parler de l'huile, et pourtant celle-ci était d'excellente qualité !

La friction de Viollette

« 5, boulevard Montparnasse. 9 heures du soir. Le citoyen Viollette sort de chez lui et se dirige vers un taxi ; à ce moment précis, il reçoit sur le crâne une friction supérieure... à l'encre violette mélangée à de l'encre grasse et à de l'essence. Oh ! qu'il est vilain ainsi le citoyen Maurice Viollette. « Des agents se précipitent: "Qu'est-ce qu'il y a? « — Regardez mon mari, dit Mme Viollette. « — Regardez-moi, ajoute l'ancien ministre." « Mais il est méconnaissable et les agents l'emmènent au commissariat voisin pour essayer de l'identifier. « Au bout d'une demi-heure, le citoyen Viollette est conduit à l'hôpital Laënnec où après un débarbouillage soigné à la brosse de chiendent et à la pierre ponce il sort sous les rires amusés et narquois du public. « Le citoyen Viollette a prétendu que sa femme avait été molestée ; c'est entièrement faux et par-dessus le marché grotesque.

Moutet

« A 9 h 10, Marius Moutet, l'avocat de Caillaux, sort de chez lui pour se rendre aux Sociétés savantes. Un Camelot du roi s'approche de Moutet et très poliment lui conseille de ne pas aller à la réunion, remerciements, •sourires, poignées de mains. « Après avoir hésité un moment, Moutet se décide et hèle un taxi. Mais, comble de malheur, ce taxi lui est prestement soufflé par deux promeneurs inoffensifs. Dispute, gros mots et finalement on entend ces phrases : « — Vous êtes bien Marius Moutet? « — Parfaitement. « — Eh bien, allez porter cela de ma part à Caillaux !« Et cette commission est appuyée de deux coups de canne. « Moutet hurle comme un socialiste qu'on égorge, il crie : "Au secours, au secours." Nathan Larrier, membre influent de la Ligue des droits de l'homme, prenait précisément le frais à son balcon ; ange gardien laïque, il descend des hauteurs et arrive juste à temps pour consoler Moutet, à qui on venait de vigoureusement secouer la crinière. « Pauvre Moutet, lui qui criait l'autre jour à Daudet: "Vous me répondez des cheveux de Caillaux !"

Un cadeau à Buisson

« Quoi qu'on en dise, les Camelots du roi sont de braves gens, la preuve c'est qu'ils se sont montrés hier soir plein d'indulgence pour l'imbécillité senile de ce pauvre vieux Ferdinand Buisson. « Ils se sont présentés au domicile du président de la Ligue du droit des traîtres, rue Juliette-Lamber, à 11 heures du soir ; une brave concierge vient leur répondre. « "Voici un paquet très urgent pour remettre à M. Ferdinand Buisson, c'est de la part du secrétaire de la Ligue des droits de l'homme." Après un remerciement de la brave femme ils partent. « Le paquet contenait une jolie bouteille d'huile de ricin accompagnée de ce petit mot : « Mon cher Ferdinand, « Nous espérons te guérir de ton embarras gastrique en t'administrant cette médecine romaine qui a si bien réussi au-delà des Alpes. « Dans l'impossibilité de te joindre, nous t'adressons ce petit souvenir qui te permettra d'opérer toi-même cette cure salutaire en attendant le traitement plus complet nécessaire aux méchants petits garçons de ton espèce. « Tu pourras dire à ton ami la truie-verticale Téry qu'il évite de te désigner comme un adversaire résolu des Camelots du roi. Il pourrait t'en cuire... si l'on peut dire.

« Salut, vieille noix.

Les Camelots du roi.

Une réunion où l'on ne s'ennuie pas

« Pendant que se déroulaient ces événements, le public — peu nombreux, il est vrai — qui attendait les orateurs dans la salle des Sociétés savantes, commençait à s'impatienter. A l'entrée, il avait fallu laisser cannes et parapluies au vestiaire, et pour s'asseoir au balcon, des cariai spéciales étaient exigées. Au premier rang des privilégiés à qui la confiand des organisateurs avait octroyé un fauteuil, on remarquait M. l'abbé Desgranges. « Le service d'ordre était assuré par les compagnons anarchistes , commandés par une femme que nous avons rencontrée bien souvent aux réunions de la rue de la Grange-aux-Belles et qui, certain soir, lança uno bombe dans le couloir de la salle Wagram. « — Commencez ! Commencez ! « Pour faire prendre patience aux nombreux Chinois qui se trouvent | dans la salle (ce sont de vrais Chinois : les petits Chinois de Marc Sangnier | sont une espèce depuis longtemps disparue), on vend Le Libertaire et on distribue L'Invendu. « Enfin voici Ferdinand Buisson. « — Mesdames    et    citoyens,    dit-il    d'une    voix    chevrotante, M. Caillaux... « — Hou ! hou ! Caillaux ! « Le tumulte est déchaîné. On se bat. Et voilà déjà un bon quart J d'heure gagné sur l'éloquence du président de la Ligue des droits de] l'homme. « Mais dès que le calme est à peu près rétabli, Ferdinand veut remettre) ça. Il a un discours à placer, cet homme... « — Écoutez-le, voyons ! hurle l'un. « — Non, un autre ! crie son voisin sur un ton conciliant mais étrangement suraigu. « — Vas-y, ma vieille ! « — Mesdames et citoyens... « A ce moment, hélas ! un émissaire essoufflé vient s'arrêter à la porte. Mais ce coureur de Marathon nouveau style vient annoncer une défaite : « — Marc Sangnier a été attaqué ! « Tout le monde est debout. Et — chose étrange — des jeunes hommes qu'il nous semble bien avoir déjà vus quelque part ne sont pas les derniers à flétrir ces procédés honteux... « Ferdinand voudrait bien tirer la morale de cet "attentat", mais l'indignation bruyante de l'assistance l'en empêche. « Au bout de quelque temps, l'animal parvient cependant à ses fins : « — Mesdames et citoyens, on vient de nous annoncer que notre ami Marc Sangnier, au moment où il sortait de chez lui, a été à moitié assommé. Il a été relevé, baignant dans son sang et ne pourra pas venir... « A ce moment précis, Sangnier apparaît. Un peu pâle, certes, mais enfin, il tient sur ses jambes. Il s'est débarbouillé et a changé de linge et est prêt à prendre la parole.

Où l'on parle enfin de Caillaux

 « Il lui faut cependant attendre. Car Buisson donne la parole à un obscur parlementaire qui va nous raconter le meurtre de Caillaux à toulouse. On en veut à Caillaux "parce qu'il a tenté de conclure une paix prématurée, comme c'était son droit".Suit un tableau touchant de la modestie de cet ancien président duconseil il qui ne venait que rarement à Toulouse "par discrétion", qui se contentait d'une petite chambrette à l'hôtel de la Gare, au lieu de se loger,comme il en a les moyens, dans un grand "palace" du centre.Des lamentations s'élèvent, et des gémissements sortent de bouches pourtant souriantes. Étrange..., étrange... « Et le morceau se termine par une charge à fond contre le bloc national. Sangnier qui a été élu sur la liste de ce bloc paraît un peu gêné.

Sangnier parle de Sangnier

« Sangnier va nous parler de son petit meurtre à lui, bien à lui. Il ne nous épargne aucun détail. Et l'assistance, mise en joie, est sur le point de l'applaudir à cette histoire de goudron et d'huile de ricin. « Conclusion : les citoyens français sont, dans l'ensemble, des lâches, et les sergents de ville en particulier, qui se sont (dit l'orateur) sauvés au lieu de lui porter secours. « — Aujourd'hui, quand on croit à l'amour, on est assassiné ! (Mouvements divers. On s'empoigne sur divers bancs.)

Où l'on reparle de Caillaux

« M. Robert de Jouvenel1, rédacteur en chef de L'Œuvre a la parole. « — Citoyens, on a assommé notre ami Moutet, alors qu'il sortait de chez lui. Les assassins royalistes nous auront privés de cet homme admirable... Mais, au milieu de l'éloge funèbre, Moutet pénètre dans la salle, faisant miroiter aux yeux de la foule le minuscule pansement qu'il porte avec élégance au petit doigt. « Un jeune homme qui se trouve sur l'estrade lui essuie tendrement le front. « Un auditeur, tout ému, propose d'aller faire leur affaire tout de suite aux gens de L'Action française. Mais un autre préférerait qu'on aille demain faire du chahut devant la Chambre des députés. « — A quelle heure? « — A deux heures et demie ! « — Non, à trois heures... « — Il vaudrait mieux aller devant le Sénat... « — Mais non, c'est idiot, ce que vous dites. Le Sénat est "bon". « Mais M. de Jouvenel n'a pas de peine à mettre tout le monde d'accord en déclarant qu'il ne faut aller nulle part, et que la Ligue des droits de l'homme se chargera d'organiser, un de ces jours, une manifestation.

Moutet parle de Moutet

« Et Moutet nous raconte son assassinat. Il nous confie en passant qu'il habite — tout socialiste qu'il est — un quartier aristocratique. Et comme Buisson ricane, Moutet le remet vertement à sa place : « — J'habite un quartier aristocratique, tout comme notre président. « Mais quelqu'un crie: "Voilà la police !" Alors, dame, alors... on voit la moitié de l'assistance se précipiter vers la sortie... « — Citoyens, Viollette, notre pauvre ami Viollette, a été assommé lui aussi... Il a été aspergé d'un liquide corrosif qu'on est en train d'analyseS au laboratoire municipal. « Instinctivement, l'assistance, d'un seul mouvement, se tourne vers la porte pour voir l'entrée du cadavre. Mais Viollette, qui prend son rôle d'assassiné au sérieux, ne viendra pas. « On subit encore Aulard1, qui parle de Caillaux, un ami de Fieschi, I qui parle de Caillaux, et une ressucée de Jouvenel qui parle encore de Caillaux. « La sortie s'effectue enfin au milieu d'un tumulte indescriptible, tandis I que la garde d'honneur, massée au pied de l'estrade, braille : « — Vive Cottin2 ! Vive Caillaux ! Vive Germaine Berton ! »

Je déjeunai, après cette lecture enchanteresse, de bon appétit, puis pris j le chemin de la Chambre, par cette belle journée de printemps. J'étais accompagné d'une vingtaine de Camelots et de vingt en vingt mètres, sur le trajet, je reconnaissais des figures amies qui contenaient leur gaieté. J'avais calculé mon affaire de façon à être" là un quart d'heure avant la séance, que je pensais devoir être agitée et qui le fut en effet. Il était entendu que, si j'étais frappé et en danger, une centaine de Camelots feraient irruption dans la Chambre et rosseraient ceux qui m'auraient 1 maltraité. Toutes dispositions étaient prises à cet effet. Dès mon arrivée une foule de types de gauche et d'extrême gauche se précipitèrent vers moi en effet, hurlant, invectivant, menaçant. Mais tous nos amis de droite — auxquels je dois rendre cet hommage — se groupèrent, au nombre d'une trentaine, autour de moi et m'entraînèrent vers la salle des séances où, des tribunes, un Camelot guettait le mouvement. Je lui fis signe « ça va bien ». Cependant que dans la salle des pas perdus mes collaborateurs et mon beau-frère Jacques Allard s'engueulaient copieusement avec les rédacteurs de L'Œuvre, de L'Ère nouvelle et autres. Je n'étais guère ému, parce que les circonstances agitées me trouvent généralement calme, parce que je connaissais mes collègues de gauche, bruyants, mais assez froussards au fond, parce que je comptais interrompre ferme les interpellateurs Herriot et Brousse, croyant que leurs laïus seraient affichés... avec mes ripostes. Ce qui  Arriva. Tardieu créa une diversion assez habile qui noya la triple cascade il'Herriot, de Brousse et de Sangnier. Quant au ministre de l'Intérieur Maunoury il excita l'hilarité universelle dans les conditions que voici : Tardieu lui ayant demandé « les preuves qui vous permettent de frapper juste et fort, est-ce ce matin que vous les avez eues » ? il répondit « à trois heures quinze ». Cette précision fit merveille. I1 est facile de retourner une assemblée. Quand celle-ci eut dégorgé ses vaines fureurs, dans un indescriptible guignol, elle devint à peu près inerte j'eus tout loisir de lui rappeler à satiété le meurtre de Plateau1. La haine, sur ces trognes encore grimaçantes, avait cédé à une sorte d'intérêt bestial. Je revoyais le cadavre de mon ami étendu dans le petit couloir, l'entendais les sanglots de sa mère. Je ne prévoyais pas un autre cadavre, CELUI d’'un enfant celui-là, ni les sanglots d'une autre mère.

Manifest de « REACTION » (Avril 1930)

Jamais l'homme n'avait atteint une telle perfection dans la connaissance des phénomènes, ni une telle puissance dans l'utili­sation des forces naturelles et l'accumulation des richesses.

 
Et pourtant il y a une crise du monde moderne.

 
« Crépuscule des nations blanches », « déclin de l'Occident », approche des « derniers jours », avènement d'un « Nouveau Moyen Age », de toutes parts s'élèvent des cris annonciateurs de la fin d'un monde.

 
Les races, les nationalités, les classes sociales possédées d'ambi­tions sans bornes ont enrôlé les peuples entiers dans les guerres d'enfer.

 
L'industrialisme, faisant du rendement la norme de toute chose, a jeté l'humanité moderne sous l'écrasante loi de la quantité et de la matière : or et machine. La liturgie de l'Homme-Dieu cède à la liturgie de la machine. Courbé sur l'horizon borné de son travail et de son plaisir, sous le prétexte de se libérer de tout autre maître que lui-même, l'homme s'est jeté sous le joug de l'État démocratique, despotique et tentaculaire. L'homme n'est plus que le rouage stan­dardisé d'une gigantesque mécanique qui le broie. Outil à faire des outils, il n'a plus de quiétude où se retrouver dans l'oraison.

 
Les âmes sont incertaines et tout se sent périr. Découvrant avec stupeur notre dénuement spirituel à côté du raffinement extrême de nos sensations et de nos raisonnements, nous nous trouvons saisis d'une tragique inquiétude devant l'indigence de ce que nous offre le monde moderne. Croyant gagner sa vie, l'homme a perdu la part éternelle de lui-même. Immense misère de l'homme sans Dieu ! Tu n'es plus rien que toi, et ce ne t'est point assez.C'est qu'une fois encore l'homme a écouté l'éternel tentateur qui guette inlassablement sa proie : « Si tu fais de ta volonté la règle de ton action, de ta raison la mesure des choses, tu seras comme un Dieu. »

 
Alors l'homme agit « gratuitement », comme Dieu. Il oublie qu'évadé des lois de la vie et de la pensée, il n'était plus qu'un peu de chair et de terre. 11 est entré dans l'esclavage du désir, de l'utile, de l'événement. Pour combler le vide immense de notre âme, on nous propose l'ascétisme équivoque de l'Orient ou l'on nous convie à nous régé­nérer par la Révolution sociale. Mais cette poésie mystérieuse, ce mythe de l'humanité ne cachent que la vieille hérésie du moi divi­nisé dont nous mourons. Faut-il donc nous résigner à n'être que les spectateurs impuis­sants de ce déclin ? Ou faut-il s'évader, se refuser, comme le mur­murent, gidiennes, les Sirènes ? Non ! Ce serait renoncer à notre humanité ! Seules meurent les civilisations qui s'abandonnent et les hommes font leur destin. Ils peuvent se sauver aujourd'hui s'ils retrouvent le principe de l'ordre qui les a écrasés lorsqu'ils ont voulu l'ignorer. Immense question de l'ordre. Il ne s'agit pas ici d'un de ces petits arrangements formels et contingents que l'homme ou les sociétés se donnent à eux-mêmes. L'ordre, ce n'est pas la protection des coffres-forts ni l'union des intérêts économiques, ce n'est pas la défense des hommes en place, mais subordination à ce qui peut les légitimer..., s'ils le servent. L'ordre, c'est la loi de l'être. Reconnaître l'ordre, c'est recon­naître notre double mystère : chair et esprit. Chair, solidarité de la nature et des autres hommes, esprit qui est plus que l'intelligence, qui est âme éternelle, fille de Dieu. C'est reconnaître notre double dépendance : de nos morts et du créateur. C'est reconnaître que nous sommes orientés à des fins plus hautes que nous-mêmes. Tel est le véritable réalisme : perception de la chaîne des causes et de la hiérarchie des désirs et des vouloirs. Il y a une voix de la réalité : c'est le passé qui nous conte la grande aventure humaine. Apprenons à son école à vivre humainement. Retournons aux sour­ces de la vie pour nous guérir. Cela s'appelle réagir. Réaction en politique contre la décadence démocratique, fille du nombre et de la quantité. C'est sur la base certaine de la patrie, à partir de l'élément naturel de la nation, que nous voulons édifier le concert spirituel où l'univers entier aura sa part. Réaction sociale : contre l'individualisme, l'étatisme et la lutte des classes, pour permettre le développement de la personne humaine libre dans ses cadres sociaux naturels. C'est au moment où l'homme est le plus lui-même : dans sa famille, dans sa bourgade, dans son pays, qu'il est le plus universel, car il se trouve alors en correspondance avec tous les autres hommes de la terre dans la reconnaissance de ce qui fonde toute vie : l'ordre humain. « Nous avons eu, nous avons perdu l'unité humaine », dit Charles Maurras. L'accord ne peut renaître si une base n'existe au départ : seul l'esprit peut la fournir, c'est la leçon du xmc siècle chrétien. Nous réveillerons cette entente en reprenant le fil de la raison : soumission à l'objet. L'intelligence est réactionnaire. Pesant, criti­quant les idées et les faits, elle poursuivra chez tous les erreurs funestes. Mais elle dira aussi les conditions nécessaires d'une renaissance : politique, c'est, en France, la monarchie ; sociale, c'est la soumission de notre vie économique au bien commun ; spirituelle, c'est l'ordre chrétien. Il faut rendre le nécessaire possible. Nous y convions tous ceux que tourmente l'inquiétude et, tous les premiers, les clercs. Leurs méditations exigent la sécurité de la Cité : jusqu'au rétablissement de l'ordre, leur abstension est trahison. Nous ne venons pas pour écrire, mais pour servir ; servir la vérité, nous révolter pour l'ordre, réagir. Ceux qui ont des places, une renommée à sauvegarder, n'ont rien à faire avec nous. La force est une vertu. Le Christ a chassé les vendeurs du Temple. Au service d'une pensée juste, nous voulons agir puissamment.

 
JEAN DE FABRÈGUES, ROGER MAGNIEZ, RAYMOND DAMIEN, JEAN LE MARCHAND, JACQUES-FRAN­ÇOIS THOMAS, RENÉ VINCENT, PIERRE BURGOS, ROBERT BURON, CHRISTIAN CHENUT, MAURICE CHUZEL, EMILE GIRARD, BERNARD DU HALDA, LOUIS LEMIELS, FÉLICIEN MAUDET, MARCEL NOËL, ANDRÉ PIETTRE, J. STE FARE-GARNOT, CH. DE LA TAILLE, CHARLES VERGNAUD.

10.02.2007

Pourquoi je suis Royaliste

Jean Raspail. Pourquoi je suis royaliste

Je suis devenu royaliste par rai­sonnement D'abord parce que le roi incarne la nation. Le roi est le ciment moral, la colonne vertébrale de la nation. Ensuite parce qu'il existe un lien sacré dans le principe royal. La formule "roi par la grâce de Dieu" est souvent mal comprise. Elle veut simplement dire que la grâce de Dieu, dans la mesure où l'on y croit, est sur le roi en raison de la ir­responsabilité immense ' qu'il a. Je trouve ce lien sacré, entre quelque chose qui nous dépasse et nos réalités terrestres, extrê­mement réconfortant. Pour ma part, je préfère croire au principe royal et à quelqu'un qui dépend, si peu que ce soit, de la divi­nité, plutôt qu'à un homme qu'on élit tous les cinq ans, qui change et qui, à mes yeux, n'est absolument pas représentatif.

Reste à savoir si le retour du roi est encore possible. La situation de la France n'est pas la même que celle de ses voisins européens, dont beau­coup vivent très bien en monarchie. Nous avons connu 1789, nous vivons une coupure totale depuis 1848. Le peuple français n'est plus le même du tout. Il a complètement changé, surtout depuis les trente dernières années. Je ne me demande pas si le roi peut revenir. Je me demande si le peuple peut encore vouloir le retour du roi... Et pour­tant, la République semble toujours se défendre. Les hommes politiques parlent de la République au lieu de parler de la France, et ne peuvent faire un discours sans y mettre plu­sieurs  fois le mot "républicain". Les lois sont républicaines, tout est républicain. Comme si la Répu­blique était menacée alors qu'elle est acquise. Je pense que l'héritier doit d'abord s'occuper de la frange, rela­tivement importante, de la population qui est encore apte à concevoir le retour du roi, à le recevoir, à l'ac­cepter et même à le prépa­rer : les royalistes mais aussi tous ceux, nombreux en 1 France, à qui le retour du |roi ne déplairait pas. Beaucoup ne sont pas royalistes pour autant, mais ils constatent l'é­puisement d'un système et seraient prêts à essayer autre chose. Je m'en suis rendu compte en m'occupant du bicentenaire de la mort de Louis XVI, en 1993. Il est peut-être nécessaire de moins s'occuper de la grande partie des Français qui ne sont pas prêts à envisager et comprendre un tel chan­gement. Après tout,les Capétiens,les Valois, Louis XIII sont allés à la cas­tagne en s'opposant à certains de leurs sujets ! L'héritier a devant lui un pré carré, constitué des Français qui peuvent l'entendre. C'est de ce pré carré qu'il doit s'occuper activement pour réunir tous ceux qui peuvent encore l’être.

                                      Propos recueillis par

Bénédicte Fourier in Valeurs Actuelles19 janvier 2007

Un conseil pour l'avenir



Une nouvelle petite soeur est née!

L'AFE Lille souhaite une bonne continuation à ses amis de Rouen!

06.02.2007

6 Février 1934


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