31.03.2007

Gilles

Gilles de Drieu la rochelle

  Si l’on s’attend à trouver une action soutenue dans Gilles, le lecteur aura toutes les chances d’être déçu, mais là n’est pas l’intérêt de ce formidable roman : sous des dehors quelques fois poussifs se cache une profonde réflexion  politique et sociétale.
  Ce livre qui fut l’une des premières œuvres fascistes française est un roman du désespoir, celui-ci étant avant tout celui du lecteur… Drieu en use et abuse pour faire plonger le lecteur dans un scepticisme  qui l’aide à mieux aborder l’évolution psychologique du personnage principal : Gilles vers ce que l’on pourrait qualifier d’idéologie fasciste.
  Cette genèse de l’engagement fasciste dépeinte  par l’auteur fait aussi de cette œuvre un véritable livre d’histoire et montre combien la raison d’être et parfois l’inspiration du fascisme puisent leurs sources au communisme.
   La critique sous-jacente de la démocratie ne déplaira pas aux réactionnaires mais s’il est une leçon qu’il faut bien retenir de ce livre, c’est que si de la réaction au fascisme il y a un fossé pour certains, il ne peut y avoir qu’un pas pour d’autres.

24.03.2007

L’hôte du pape de Vladimir Volkoff

  Avec L’hôte du pape, sous une trame de roman d’espionnage, Vladimir Volkoff réussit le coup de maître de mêler les genres avec une aisance rare. Entre intrigue haletante et critique de l’absurdité de  la société soviétique et du communisme avec souvent une drôlerie féroce, ce roman est aussi un formidable livre de culture : religion Orthodoxe, us et coutumes de la grande Russie, tout y est décrit avec un soucis pédagogique stupéfiant.
  Une dimension théologique est aussi présente dans cette œuvre. On ne pourrait affirmer qu’il y a une volonté de proposer une alternative à l’œcuménisme entre l’église romaine et celle orthodoxe, mais une piste de réflexion ne peut être ignorée : mieux qu’un fade syncrétisme, un rapprochement dans le respect des traditions respectives. Génial.