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22.02.2008

Le royalisme, avant-garde française

 

 

Souvent, de jeunes royalistes ou patriotes que nous sommes amenés à rencontrer nous disent « ce que vous dîtes, ce que vous faîtes est bel et bon mais vous autres de l’Action française vous êtes “orléanistes”… » et là de nous faire part de leurs arguties juridiques concernant la dévolution de la couronne, des griefs contre les droits des princes de la Maison de France, de leurs “moeurs” (drames familiaux, affiliation supposée à la maçonnerie, alliances ou amitiés avec tel ou tel…) qui leur interdiraient de soutenir le combat pour l’instauration d’une monarchie capétienne selon les définitions du royalisme français.
Une précision et une réponse sur la nature exacte de notre combat, sur sa stratégie et ses fins s’imposent.

Une précision:
Nous ne sommes pas “orléanistes”. L’orléanisme est un courant politique disparu qui constituait un compromis historique entre d’une part le libéralisme philosophique, les “idées” de 1789, des points de vues politique (l’héritage institutionnel et législatif de la Révolution, du Directoire et de l’Empire) et économique (le “laisser faire et laisser passer” pour seule politique, le règne de l’argent-roi, c’est-à-dire la loi du plus fort) et un candidat, Louis-Philippe d’Orléans, descendant de Philippe-Egalité et héritier de sa sensibilité politique.
L’AF a toujours considéré que pour ce qui concernait l’époque qui avait précédé sa création, le prince légitime et la politique conforme à ses voeux d’une monarchie capétienne, traditionnelle, antiparlementaire et décentralisée était incarnée par le légitimisme groupé autour du Comte de Chambord. L’AF a toujours été légitimiste tant au sens de la dévolution de la couronne suite au décès sans enfant de Chambord, qu’au sens politique. Elle incarna à son tour le royalisme social, anti-libéral, contre-révolutionnaire, “anti-orléaniste” en un sens. Lorsque le Comte de Chambord s’est éteint, ses droit sont passés sans difficulté juridique à ses neveux, les Orléans, qui dans l’intervalle avaient abandonné leur “orléanisme” philosophique, politique et économique.


La “querelle” entre les partisans des princes espagnols et les royalistes français ne saurait s’exprimer dans les termes du XIXeme siècle sans en travestir profondément les enjeux.
C’est ce que reconnaissent volontiers des personnalités néo-légitimistes comme Yves-Marie Adeline.
L’ignorance de ces faits conduit beaucoup de jeunes sympathisants de la cause royale à se fourvoyer dans un purisme sans objet, et le plus souvent à ne rien faire.


Hormis une fidélité de principe à la Maison de France, l’AF compte de nombreux camarades et responsables, dont les attaches, les fidélités vont aux descendants de Louis XIV qui régnèrent sur l’Espagne avant d’être bousculés par les alphonsistes (« orléanisme » espagnol), la guerre civile et la “restauration” fort discutable opérée par le Général Franco.
Nous n’avons jamais manqué à la loyauté qu’exige cette camaraderie de combat au sein de l’AF, ni jamais manqué de respect à tous les descendant de nos augustes monarques.

Une stratégie susceptible de faire de ces querelles oiseuses des querelles éteintes.
Nous ne sommes pas des royalistes désireux de restaurer la monarchie pour elle-même. Nous n’idolâtrons pas la monarchie comme le seul régime possible, universel, intangible.
Nous considérons que la monarchie est le meilleur régime pour la France et en un sens le seul régime possible pour son bien et sa pérennité, parce qu’il est le seul à pouvoir la maintenir et l’enrichir dans son unité et sa diversité. Nous sommes royalistes parce que nous voulons restaurer la France par la monarchie capétienne. Notre combat et un combat pour la France.


Le seul combat possible d’ailleurs. Car à la différence de celui des nationaux-républicains de droite ou de gauche il nous paraît évidemment impossible de restaurer la France sans graver dans le marbre de la durée institutionnelle cette renaissance toujours fragile. Ce qu’un gouvernement peut faire de bien un autre peut le défaire. Il faut pour nous prémunir du déclin par des institutions qui garantissent la réforme dans sa durée. D’autre part aucune réforme ne sera possible si elle est constamment soumise au suffrage, à l’opinion, au règne de l’argent, des lobbies ou des communautarismes, à l’intoxication des médias ou aux pressions de l’étranger.


C’est pourquoi nous sommes des « nationalistes intégraux » , c’est à dire nous combattons pour la France par le roi.
Et ce combat pour la France peut fort bien agréger des gens de confessions différentes ou sans confessions mais de « bonne volonté » comme dit l’Evangile, de fidélités dynastiques différentes, mais qui toutes combattent sur le chemin du retour de la France, contre tous ses adversaires et ses ennemis, à commencer par le désamour de la France et des Français qui trop souvent frappe jusque dans nos rangs.


C’est pourquoi nous appelons de nos voeux la jonction de tous les royalistes, et au-delà, de tous les patriotes et si Dieu veut de tous les Français pour que France vive, pour que France renaisse.
Le combat qui est devant nous est immense, les forces qu’il met en jeu sont colossales.
Le roi est là pour nous unir, ne laissons pas la question des princes nous diviser tandis que le combat requiert une union sacrée des royalistes pour constituer l’avant-garde du Parti de la France.

Sébastien de Kererro, secrétaire général adjoint du Centre Royaliste d’Action Française.

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