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12.10.2007

Vers un nouvel ordre social

 

 

 

Nous  l'avons déjà dit et répété, nous ne sommes pas les défenseurs du capitalisme. Le capitalisme est pour nous une création libérale qui non seulement désorganise l'économie et suscite des injustices  mais qui, de plus, se trouve être le plus sûr soutien matériel de la Démocratie. Le capitalisme comme celle-ci instituent le triomphe de l'or détruisant la loi du sang.

 

notre anti-capitalisme est donc le corollaire obligatoire de notre action antidémocratique; il n'y a rien à voir avec une quelconque surenchère "sociale". Il ne faut pas le confondre non plus avec une attaque du capital, c'est-à-dire de la propriété privée. A l'instar de LA TOUR du PIN et de DRUMONT nous pensons que "le capitalisme est à la propriété ce que Caîn est à Abel". Le capitalisme est pour nous le plus désorganisateur des régimes économiques parce qu'il dissocie le travail du capital, le métier de l'actionnariat. Il aboutit à instaurer une rénumération du capital qui est une aberration puisqu'elle ne correspond à aucune réalité économique, à aucune production effective. Comme !'a dit LA TOUR du PIN, le capital n'est pas de la "force vive" c'est de la "matière inerte"(1) Ce que nous n'acceptons pas, c'est que des parasites sociaux, des laquais de la finance ou des naïfs conservateurs, viennent nous expliquer en quoi le capital travaille. Celui-ci ne travaille pas pour la simple raison qu'il n'est qu'un instrument,un outil, essentiel certes, mais qui, seul, n'effectue aucun effort, aucun labeur méritant plus qu'un simple prix de location.

 

 

Pourquoi, dès lors, est-il rémunéré ? Il l'est parce que la première oeuvre du capitalisme, celle que nous ne lui pardonnerons pas, a été de dissocier la main d'oeuvre de la propriété. Capital et travail étant disséqués; le capital, nécessaire à toute entreprise, a organisé le plus monstrueux des chantages consistant à dire : "si tu ne me rémunères pas, je n'investis pas !" C'est sur ce véritable chantage que se sont constitués les immondes empires financiers du XlXème siècle, les insupportables privilèges bancaires que les catholiques sociaux puis les socialistes s'acharnèrent à combattre.

C'est la Révolution française, cette révolution archi-bourgeoise et ultra-capitaliste, qui est donc la responsable de cette jungle économique dont certains tirent profit impunément. Après avoir interdit l'association des travailleurs en 1791 (2) elle ouvrait la voie au monopole de l'investissement privé et à la concentration financière. Les socialistes conséquents ne manquèrent pas de le voir et de perdre tous leurs vieux idéaux quatre-vingt-neuviens. C'est PROUDHON qui fulmine contre le contrat social, "code de la tyrannie mercantile et capitaliste". C'est SOREL qui dénonce la "démocratie mas de cocagne des financiers sans scrupules". Et si les socialistes actuels si peu proudhoniens et si peu soreliens, s'apprêtent à commémorer le bicentenaire de la Révolution, c'est bien parce qu'eux aussi sont des pions du système démocrato-capitaliste. 0 certes, ils n'aiment pas le capitalisme privé. Celui qu'ils vénèrent; c'est le capitalisme d' Etat, le bon collectivisme qui simplifie tout. Que celui-ci atrophie l'initiative, qu'il paralyse la production, qu'il bureaucratise et fonctionnarise l'industrie ne les gêne pas du moment que leur bel Etat Leviathan, superbe création hêgelieme, soit debout. Comme le dit LA TOUR du PIN : "Si l'on considère que le régime de l'Usure conduisait les hommes lentement à l'esclavage, il faut reconnaître que le socialisme les y précipite d'un coup."(3). tous voilà prisonniers dans la logique que nous impose le Système; ayant tué les corps intermédiaires, ayant aboli les corporations, les syndicats professionnels..., ayant vidé la Nation de sa moelle sociale; il n'a laissé que deux entités en présence : l'individu et l'Etat. La Cité reposera dès lors soit sur l'un soit sur l'autre. Individualisme ou collectivisme, il faut choisir. Ce sont les deux faces du Janus révolutionnaire.

Notre rôle à nous n'est pas de nous laisser berner par cette dialectique, ce dilemme républicain. Puisque nous nous voulons en dehors du système, restons-y pour combattre tous ses produits, tous ses piliers, tous ses rejetons. L'unique solution qui nous est offerte repose par conséquent dans la réassociation du capital et du travail, par leur réunification, leur recorporation au sein du métier. C'est la conception organique de l'entreprise que nous devons faire prévaloir. Le capital qui comme l'a montré LA TOUR du PIN était devenu "entre les mains des compagnies anonymes, collectivités impersonnelles à responsabilité forcement limitée mais à liberté illimitée, ... un instrument de spéculation"(4) devra redevenir ce qu'il est, un instrument de travail loué mais non rémunéré. Nous savons que l'investissement privé baissera, mais c'est l' investissement corporatif et syndical qui prendra sa place grâce aux caisses et aux organismes de crédit que chaque branche d'activité nourrira.

 Risques d'étatisme ? Non si nous respectons cette "grande pensée" de SOREL dont nous a parlé Georges VALOIS qu' "en matière d'organisation sociale, les.constructions sociales doivent naître et croître d'elles-mêmes et que rien n'est plus dangereux et plus fou que d'en déterminer la structure à l'avance, ou que de les faire naître artificiellement de l'esprit". VALOIS ajoutait : "c'est ainsi que ceux d'entre nous qui appartiennent à l'Action Française conçoivent l'organisation française sous la monarchie"(5). Ce programme que seul un roi pourra inciter, favoriser, protéger et arbitrer a toujours été celui de LA TOUR dû PIN, comme de MAURRAS, de VALOIS, BACONNIER ... Il n'est pas loin non plus du "mutuellisme" proudhonnien, auquel il manquait cependant le roi fédérateur.

Ce programme de salut public, à un moment où les systèmes économiques classiques se désagrègent; nous le faisons notre. Voilà pourquoi quand nous partons par une fiévreuse veillée coller nos affiches et peindre nos slogans sur les murs décrépis des usines, quand nous lançons notre anthème contre le capitalisme privé et le capitalisme d'Etat, ce n'est pas par ouvriérisme démagogique ni par sentimentalisme romantique, c'est parce que nous savons que ces systèmes odieux doivent être abattus pour que renaisse l'ordre social français et que vive la Monarchie.

N P

1)         René de LA TOUR du PIN. Ou capitalisme. 1889.

2)         Loi le CHAPELIER supprimant les corporations et jurandes.

3)         LA TOUR du PIN. Jalons de route, p.86

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