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31.03.2007

Gilles

Gilles de Drieu la rochelle

  Si l’on s’attend à trouver une action soutenue dans Gilles, le lecteur aura toutes les chances d’être déçu, mais là n’est pas l’intérêt de ce formidable roman : sous des dehors quelques fois poussifs se cache une profonde réflexion  politique et sociétale.
  Ce livre qui fut l’une des premières œuvres fascistes française est un roman du désespoir, celui-ci étant avant tout celui du lecteur… Drieu en use et abuse pour faire plonger le lecteur dans un scepticisme  qui l’aide à mieux aborder l’évolution psychologique du personnage principal : Gilles vers ce que l’on pourrait qualifier d’idéologie fasciste.
  Cette genèse de l’engagement fasciste dépeinte  par l’auteur fait aussi de cette œuvre un véritable livre d’histoire et montre combien la raison d’être et parfois l’inspiration du fascisme puisent leurs sources au communisme.
   La critique sous-jacente de la démocratie ne déplaira pas aux réactionnaires mais s’il est une leçon qu’il faut bien retenir de ce livre, c’est que si de la réaction au fascisme il y a un fossé pour certains, il ne peut y avoir qu’un pas pour d’autres.